Le Dr Thomas Wiltberger
Evans avait débarqué Le 10 novembre 1847 en France, ne
se doutant pas qu’il allait être pour deux décennies
un acteur actif de l’histoire du second empire.
Alors que Manet crayonnait
encore sur ses cahiers d’écoliers, les portraits de ses
camarades de classe Du Collège Rollin.
C’était
Américain aux yeux gris bleus, coiffé impeccablement,
le visage flanqué de favoris et portant une grosse moustache
noire. Homme très élégant, affable et courtois.
Louis Philippe d’Orléans
avait succédé à Charles X, les Bourbons et la paix
régnait sur la France, dirigée d’une main de fer,
par le Premier Ministre, François Guizot.
Le Dr Thomas Wiltberger
Evans se rendait à paris, accompagné de sa femme, il avait
accepté l'offre s'associer avec le Dr Brewster, un dentiste américain
installé dans la capitale.
Evans était né
à Philadelphie, le 23 décembre 1823, le troisième
fils d'un commandant de l’armée à la retraite, pas
très aisé. Le jeune Evans associait, un esprit vif, à
la dextérité manuelle, acquise au cours d’un apprentissage
dans une fabrique d’instruments de chirurgie.
Thomas entra au Jefferson Médical Collège, ou il étudia
sous la houlette du Dr John de Heaven White, un prestigieux dentiste
de philadelphie.
Il reçut son diplôme de dentiste en 1843. La même
année il épousait Agnès Joséphine Doyle,
la fille d'un homme d'affaires et ouvrait un cabinet à Lancaster.
Là le Dr Evans se fit vite une bonne réputation de praticien
hors pairs.
Tout ceci contre le désir de son père qui aurait aimé
le voire avocat.
Thomas a 24 ans, lorsqu’il
est contacté par un représentant du Dr Brewster qui lui
offre une association à Paris, il se laisse tenter par l’aventure.
Il était d'une
compagnie fort agréable et distrayante, ce qui le rendait populaire
dans les réunions mondaines. Lors de sa longue carrière
Evans, couronna les plus grands souverains, le roi de Bavière,
Maximilien 2, le prince de Wales futur Edwards VII, Vittorio Emmanuele
II, roi de Sardaigne qui régnera plus tard sur l'Italie, le roi
de Grèce, l'Emir d'Algérie, Abdel Kader, le Sultan de
Turquie, le roi de Belgique, et beaucoup d'autres.
Au début 1848 cependant l'opposition au gouvernement s'élargit
et Louis Philipe abdiquait en faveur de son petit-fils. Puis il quitta
précipitamment le palais des tuileries pour un exile en Angleterre.
La seconde république
était mise en place et des élections prévues pour
septembre 1848.
Le prince Louis Napoléon Bonaparte récemment rentré
en France après une vie d’aventures, était élu
membre de l'Assemblée Nationale. Quelques mois plus tard il se
faisait élire président de la république, pour
une période de quatre ans et vint s'installer dans le modeste
palais de l'élisée.
Un soir de 1850, alors
que l’on célébrait au Salon un enterrement à
Ornans, le président, Prince Louis Napoléon Bonaparte
III, requit les services du Dr Brewster son dentiste. Ce dernier souffrant
ne pouvait se rendre auprès de l'empereur.
On dépêcha
son assistant, Thomas, auprès de l’impérial patient,
qui fut si satisfait de l’intervention, que Thomas devint le dentiste
attitré, et plus l'ami indispensable, le confident de l'empereur.
« Napoléon
III, dit Evans, avait des dents extrêmement délicates,
ce qui était, parait-il un héritage de sa mère.
Par suite de cette hyperesthésie, qui se généralisa
et s’accentua encore vers la fin de sa vie, il souffrait beaucoup
de la moindre inflammation, de sorte qu’il avait souvent besoin
de mes soins. De plus il était de constitution, sujet aux hémorragies
; ….. Comme j’étais ordinairement appelé au
Palais dès qu’il souffrait des dents, j’arrivais
presque toujours à le soulager. Il détestait qu’on
lui fît mal ; aussi usais-je de précaution quand je devais
le toucher avec un instrument. »
« On ne peut s’imaginer
combien était humble la position des hommes qui pratiquaient
l’art dentaire à Paris lorsque j’y arrivai et avec
quel mépris on les regardait et on en parlait. Les personnes
qui traitaient les maladies des dents étaient mises au rang des
barbiers, des ventouseurs et des hommes ayant pour métier de
faire des saignées ; … L’extraction des dent était
laissée à des saltimbanques installés au coin des
rues et à des charlatans qui opéraient des les foires
ou les hurlements des victimes étaient étouffés
par les roulements de tambour, le bruit de cymbales, les rires et les
applaudissements de la foule. Ces opérations en plein vent me
semblèrent un des traits les plus curieux et les plus étranges
de la vie des rues dans le vieux Paris de 1847. »
« Quand la cour
fut constituée, je reçu ma nomination de chirurgien dentiste
et aux même conditions que les autres docteurs et chirurgiens
du service de santé attachés à la maison de l’Empereur.
J’avais pour habit le même uniforme d’or que les autres
membres du personnel médical. »
Grâce à
sa position auprès de l’Empereur Evans devint vite très
célèbre, il fut le dentiste des Cours étrangères,
de toute la noblesse, des ambassadeurs, du tout Paris.
Lors de ses déplacements
à l'étranger le Dr emportait avec lui des missions diplomatiques
d'intérêt national.
A l'Élisée
Le prince président Avait aménagé un passage secret
afin de recevoir sa maîtresse officielle, Mlle Harriet Howard,
une belle et élégante blonde. Elle était aussi
la patiente du Dr Evans. Harriet n'était pas la seule à
lui rendre visite, certaines de ces visiteuses venaient de la comédie
française. Le Dr Evans faisait partie du petit groupe d'initiés
qui savaient et couvraient les frasques du dirigeant.
A la même heure
du haut de ses dix-huit ans, Manet accompagné de son fidèle
ami Antonin Proust pousse la porte de l’atelier de Thomas Couture.
En décembre 1851,
confiant dans sa popularité, le Prince fit un coup d'état
et dissolu l'assemblée nationale.
Le 2 décembre
Manet et Proust descendent dans la rue ou ils se mêlent à
l’émeute provoquée par le coup d’Etat, au
soir ils sont arrêtés conduits au poste ou ils passent
la nuit.
Le 4 décembre Manet et Proust visitent le cimetière Montmartre,
ou l’on avait réuni les cadavres des émeutiers.
Très impressionné Manet y prend un croquis.
Le Prince Président
propose alors une nouvelle constitution qui étendrait ses pouvoirs
présidentiels à une durée de dix ans. Un vote pratiquement
unanime exauce ses vœux.
Un an plus tard, il requiert
et obtient par un plébiscite la restauration de l'Empire.
La seconde république
s'achève et vive le Second Empire !
Le Prince s'installe
dans le somptueux Palais des Tuileries, et désireux d'imiter
son célèbre oncle, change son nom en Prince Louis Napoléon
Bonaparte.
Les conseillers de Napoléon
III, le prièrent de se marier de manière à avoir
un successeur et de continuer la dynastie, mais aussi pour faire oublier
ses frasques.
Il était évidement
souhaitable qu’il épouse une femme noble de manière
à constituer une alliance politique. Ça n'était
pas tâche facile, les cours d'Europe ne considérant pas
les Bonaparte comme de sang royal.
Ainsi plusieurs candidates rejetèrent ses offres. Il fut même
donné au Dr Evans d'être l'ambassadeur de l'empereur auprès
de certaines princesses.
Lié avec le régent Frédéric-Guillaume et
la Princesse Louise qu’il avait connue à Coblence.
Ce fut lui qui s’entremit en moment, lors du désir de Napoléon
III de se marier avec la princesse Wasa, mariage qui ne se fit pas.
Finalement, Napoléon
III épousa Eugénie de Montijo, Comtesse de Teba, une noble
andalouse qui résidait à Paris et qui, par son sang bleu
était liée à de nombreuses familles royales.
Ils se marient en janvier 1853, lors d'une somptueuse cérémonie
à Notre Dame de Paris Napoléon III avait 45 ans et Eugénie
26.
En 1854 avant son voyage
en Amérique, Napoléon III décora Evans de la légion
d’honneur.
Grâce à
l’argent que son père lui versait, Manet effectua son premier
voyage en Hollande où il visita le Rijksmuseum à Amsterdam
et y admira la peinture de Franz Hals. Puis il partit pour Cassel, Dresde,
Prague, Vienne et Munich et fit le voyage à pied avec l’atelier
de Couture en Normandie, au cours duquel il entreprit des études
d’après nature.
En septembre il voyagea en Italie, accompagné de son frère
Eugène, alors âgé de vint ans, ils rencontrent Emile
Olivier à Venise. Ils séjournèrent à Florence
où Edouard copia les tableaux des maîtres toscans, il rapporta
une Vénus d’Urbino d’après Titien et une tête
de jeune homme d’après Lippi aux Offices.
Une effervescence particulière
animait les artistes parisiens, l'Exposition Universelle de 1855 se
préparait. Pour ce faire les artisans parisiens étaient
occupés depuis 1854 à la construction du Palais de l’Industrie,
les artistes y seraient exposés suivant des choix drastiques,
dans le Palais des Beaux-arts, “ le Palais Montaigne “,
ainsi baptisé par les Parisiens.
Il y aurait une salle Ingres avec 40 peintures, une salle Delacroix
avec 38 peintures.
Courbet qui en était exclu exposait dans un pavillon particulier
40 tableaux.
Manet alors âgé
de 23 ans était un insatiable visiteur de l'exposition. Il rendit
visite à Delacroix qu’il admirait, en compagnie de Proust
et lui demanda l’autorisation de copier Dante aux Enfers. Manet
fut déçu par l’accueil du Maître et de ses
doctrines
La même année la famille Manet quittait la rue du Mont-Thabor
et s’installait au 69, rue de Clichy. Stéphane Mallarmé
entrait comme pensionnaire au lycée de Sens et Edouard, avec
le soutien d’Eugène Delacroix et après une inévitable
rupture d’avec le maître, quittait l’atelier de Couture.
La Guerre de sécession
éclata, Evans alla en Amérique pour se documenter sur
les desseins de Grant afin d’en informer l’Empereur. Car
Napoléon était pressé de tous les cotés
à se déclarer contre les Etats du Nord, mais avant de
prendre une décision il voulait connaître l’état
d’esprit des Américains.
L’Empereur sût
ainsi, que le patriotisme des nordistes ne faillirait pas et surtout,
que le succès des armes penchait pour eux.
En 1865, Evans, après
avoir participé activement, pendant la Guerre de sécession
à l’amélioration du transport des blessés
et aux soins qu’on pouvait leur porter. publie « La commission
sanitaire des Etats-Unis. Son origine, son organisation ses résultats.
»
Lors de la guerre Franco-Allemande et la commune de Paris, il fonde,
avec les représentants de la communauté américaine
et préside un comité qui organisa un service sanitaire
une ambulance fut installée à Paris et un grand nombre
de blessés y furent soignés pendant le siège.
En reconnaissance, le Gouvernement de la Défense Nationale française,
éleva le Dr Evans au grade de Commandeur de la légion
d’Honneur.
“ Manet entra comme
élève à l’atelier de Thomas Couture et y
resta pendant près de six ans, les bras liés par les préceptes
et les conseils, pataugeant en pleine médiocrité, ne sachant
pas trouver sa voie. Il y avait en lui un tempérament particulier
qui ne pu se plier à ces premières leçons, et l’influence
de cette éducation artistique contraire à sa nature agit
sur ses travaux, même après sa sortie de l’atelier
du maître : Pendant trois années, il se débattit
dans son ombre, il travaillait sans trop savoir ce qu’il voyait
ni ce qu’il voulait. “
Zola
Après une longue
suite de heurts de brouilles de réconciliations sur des sujets
fondamentaux, le maître et l’élève se séparent.
Il prit alors un atelier rue Lavoisier avec le comte Albert de Balleroy
qui passait son temps à peindre le monde des militaires.
A cette époque
fut lancé le projet d’une rénovation massive de
la ville de Paris sous le patronage du baron Haussmann.
Le Dr Evans était du nombre des amis initiés, par le baron
Haussmann et Napoléon, aux plans d'urbanisation de la ville et
il pu ainsi investir dans l'immobilier et en retirer de grands profits.
Il fit par la suite des investissements en Pennsylvanie et devint un
homme riche.
Jusqu’en 1852 la
ville qui était restée dans ses limites médiévales,
de ce fait inadapté aux progrès du train qui allait déverser
des foules de badauds, des touristes provinciaux dans les rues de Paris
ainsi l’expansion démographique repoussait les murailles.
Les transformations de Haussmann n’eurent pas seulement une influence
physique sur l’environnement de Paris mais aussi sociale et culturelle.
Dans une atmosphère de boum économique les avenues furent
élargies les devantures des magasins redessinés les vieux
édifices détruits tout fut fait pour remodeler un nouveau
Paris plus beau plus pratique en la plus progressiste ville du monde.
C’est de cette modernité que Manet fit son concept de vie.
Enfin c’est chez
Evans que l’impératrice Eugénie s’était
réfugiée, lors des émeutes des 1870, et c’est
lui qui l’accompagna à Deauville et l’aida à
s’embarquer pour l’Angleterre.
Aussitôt après
la défaite de Woerth, l’Impératrice avait quitté
le palais de Sait Cloud et était venue s’établir
aux Tuileries.
Le 3 septembre elle ne conservait plus de doute sur le sort qui l’attendait,
l’Impératrice était entourée de l’amiral
Jurien de La Gravière, Conti, le général Lepic,
le comte Lezai-Marnésia, E. de Banes, Gardenne, comte de Cossé
Brissac, les dames d’honneur le maréchal Canrobert, la
duchesse de Malakoff et le service de sa maison était à
ses cotés. Les Ambassadeurs d’Autriche et d’Italie,
Metternich et Nigra.
on pouvait entendre la masse des émeutiers crier :
« A bas l’Espagnole ! Mort à Badinguet.»
Le 4 septembre 1870,
alors que l’émeute se faisait toujours plus menaçante
autour du Palais des Tuileries, la grille de la place de la Concorde
avait cédé et la foule en délire envahissait le
jardin.
Elle gagna sa voiture
en compagnie de Mme Lebreton, de Nigra et Metternich, ne voulant pas
attirer l’attention par un groupe trop nombreux. Le temps d’entrer
dans la voiture, Nigra et Metternich avaient disparu.
Ordonna au cocher de
la conduire, chez le conseillé d’état Besson. Besson
étant sorti elle alla chez son écuyer avenue de Villiers,
le marquis de Piennes. Qui était sorti lui aussi
Où aller ?
Chez son dentiste, chez le Docteur Evans !
Elle dit au cocher de la conduire avenue de l’Impératrice,
au coin de la rue Malakoff, au Bois de Boulogne. Chez le bel Evans,
comme l’on disait volontiers dans le monde de la haute galanterie.
Turfiste énergique, son hôtel de l’avenue de l’Impératrice
avait un faux air de palais et l’on disait, que les vingt chevaux
qui remplissaient ses écurie étaient des animaux de choix.
Son cabinet de la rue de la Paix, était fréquenté
par la bonne compagnie, il se réservait un jour, qu’il
consacrait aux filles en renon.
Il était même invité aux bals des Tuileries, ou
il était bien accueilli.
Il est exactement cinq
heures, le domestique les introduit dans la bibliothèque
Vers six heure, Evans rentre.
et se met aussitôt à l’entière disposition
d’Eugénie.
L’ennui c’est
que ce soir, Evans à justement un dîner chez lui. Que faire
? Décommander ses vingt deux convives ?
« Gardez vous en vous bien, lui dit l’Impératrice,
cela pourrait éveiller les soupçons. »
Ils quitteront Paris dans la nuit dans la voiture d’Evans pour
Deauville. De là, on l’on essayerait de rendre en Angleterre.
A minuit Evans avait
réussit à se débarrasser de ses convives, on pût
monter dans un landau attelé de deux bons chevaux. Sur le siège
à coté du cocher Crane le neveu d’Evans.
Le voyage fut morne, non pas sans inquiétude, pour traverser
les villes et les villages l’impératrice se blottissait
dans un coin faisant mine de dormir. Ou bien Evans la cachait faisant
mine de lire un journal.
A Mantes changement d’équipage,
Pacy sur Heure second changement de voiture, Evreux cinq heure du soir.
Où le comte D’Arjuson, aujourd’hui commandant des
gardes mobiles reconnaît l’Impératrice. Le comte
feint de ne pas la reconnaître, il ne parlera pas.
La voiture poursuit sa route et arrive à Rivière-Thibouville,
village perdu ou Evans trouve une auberge.
Le docteur Crane soutient
l’Impératrice qui boite et fait la malade. Des buveurs
attablés regardent la scène.
Une fois dans la chambre elle éclate de rire et s’écrie
:
« C’est vraiment trop drôle. »
Au matin la troupe repart et à travers mille péripéties
racontées par Evans dans ses mémoires ils arrivent enfin
à Dauville vers trois heures, à l’hôtel du
Casino.
« Mon Dieux je suis sauvée. »
Pas tout a fait.
Evans et Crane se rendent sur le port ou ils trouvent un petit yacht
de quinze mètre de long et de quarante deux tonneaux, la Gazelle.
Le yacht appartient à un officier anglais, Sir John Burgoyne
Montagu.
Après de brèves présentation, le Dr dit à
Sir Burgoyne :
« Je vous prie de prendre immédiatement à votre
bord l’impératrice Eugénie, qui est cachée
à Deauville, ou elle peut être arrêtée d’un
moment à l’autre. » Sir John, ancien officier aux
gardes de la reine, se mit à rire et répondit :
« Est-ce que vous croyez que je suis homme à me laisser
blaguer par les yankees ?»
Le visage d’Evans exprima alors une telle émotion de désappointement,
que sir John comprit que l’américain ne blaguait pas.
Il consentit aussitôt et fit prendre les dispositions nécessaires.
L’embarquement de plein jour étant impossible onze heures
du soir fut arrêtées pour se retrouver sur le quai.
Evans insistait pour que le départ se fasse au plus tôt
:
« Je possède à Paris un hôtel dans lequel
il y a pour plus de quatre millions d’objets d’art ; si
l’on apprend que j’ai favorisé la fuite de l’impératrice,
ma maison sera pillée. »
L’anglais répliqua que Deauville étant un port de
marée, on n’en pouvait sortir qu’avec le «
flot », c'est-à-dire la haute mer.
La journée s’écoula sans incident. Alors qu’au
Casino on dansait avec entrain sans se soucier des monarchies qui s’écroulaient.
L’embarquement eut lieu sous une pluie diluvienne.
Journal de bord de la Gazelle :
« Mercredi 7 septembre 1870, minuit moins cinq minutes. Descendu
sur le quai et, peu d’instant après, rencontré dames
escortées d’un monsieur qui portait un sa de voyage. L’une
d’elle, s’approchant de moi me dit :
« Vous êtes je crois, le gentleman anglais qui veut bien
me conduire en Angleterre. Je suis l’Impératrice.
En prononçant ces mot elle éclata en sanglots. Je me nommai
et elle prit le bras que je m’empressait lui offrir. Nous nous
embarquâmes sur la Gazelle et je lui présentai Lady Burgoyne.
A peine assise, elle demanda des journaux et pria milady de lui donner
des nouvelles de l’Empereur»
Elle jeta un cri de joie en apprenant par le Times que son fils était
arrivé à Douvres par la voie d’Ostende.
La traversée fut
très mouvementée et le Dr Evans qui était du voyage
regretta amèrement son cabinet.
Le 8 septembre le petit yacht entra vers quatre heures du matin dans
le port de Royde et l’Impératrice débarquait sur
le sol anglais.
Quelques mois plus tard
il est élu président de la république pour une
période de quatre ans et vient s'installer dans le modeste palais
de l'Elisée.
En Juillet de la même
année le proviseur du Collège Rollin note :Travail et
conduite.
" Sous aucun rapport nous n’avons constaté d’amélioration."Fin
juillet Manet quitte le Collège Rollin.
Moreau-Nélaton.
Entre juillet et décembre Après de sévères
disputes avec son père il est décidé qu’il
s’embarquera comme apprenti marin plutôt qu’artiste.
Il tente et échoue une première fois aux examens d’entrée
à l’Ecole navale. Il embarque au Havre comme novice, accompagné
par son père Le 9 décembre 1848 pour le Brésil,
sur le bateau école "Havre et Guadeloupe" commandé
par le capitaine Besson faisant route pour Rio Janeiro.
Le 30 décembre le commandant demande à Manet de faire
sa caricature.
Durant la traversée Manet exécute ainsi diverses caricatures
d’après les officiers du bord, peint à l’aquarelle
un Pierrot, qui fut conservé par son camarade Pontillon (Lequel
épousa plus tard la sœur de Berthe Morisot) et divers aspects
du bateau.
On retient l’anecdote des fromages hollandais qui avaient été
délavés par l’eau de mer et que le capitaine qui
avait su exploiter ses talents d’artiste lui fit repeindre en
rouge. L’embarcation franchit le 22 janvier 1849 la ligne et l’on
organise une fête à bord.
Le 4 février arrivée à Rio.